Etablir le rapport de force, bloquer les contre-réformes

Le gouvernement Macron-Philippe poursuit les attaques contre nos droits et garanties à un rythme effréné. Les ministres Darmanin, Dussopt, Pénicaud, Blanquer, Vidal, ne sont pas en reste.

La réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle, avec le développement de l’apprentissage dans l’Education Nationale, la remise en cause du DIF, c’est non seulement une attaque contre l’enseignement professionnel sous statut scolaire, contre l’AFPA, mais c’est aussi une remise en cause des droits de l’ensemble des salariés à une formation qualifiante au profit de certificats de compétences.

Les réformes en cours autour du baccalauréat vont dans la même direction : un bac sans valeur nationale, à la carte, qui le transforme en diplôme de fin d’étude secondaire, qui ne garantit plus aux bacheliers d’accéder à la filière de leur choix dans l’enseignement supérieur. La ministre Vidal prépare elle, une réforme de la licence centrée sur les blocs de compétences, avec des parcours personnalisés qui remettent en cause les disciplines organisées en ensembles de connaissances cohérents.

Le 22 mars, les agents publics, mais aussi d’autres secteurs, en particulier la SNCF, ont fait grève et ont manifesté. La force du mouvement était visible dans de très nombreuses villes, y compris de taille moyenne. Le lendemain, ce sont les employés d’Air France, toutes catégories confondues, qui faisaient grève pour leur salaire. Cela prouve la volonté des agents publics et des salariés du privé de ne pas accepter, de chercher à établir le rapport de force pour bloquer les contre-réformes et défendre leurs droits.

L’offensive du gouvernement contre les services publics et les agents publics est sans précédent, accélérée par les annonces du 1er février : instauration d’un plan de départs volontaires, développement du recours aux contractuels et développement de la rémunération au mérite.

Le gouvernement a baptisé la concertation « Refonder le contrat social avec les agents de la Fonction publique ». Comme d’habitude, le gouvernement ouvre des concertations dont les conclusions sont déjà écrites. Parmi les sujets, il y a « un nouveau modèle de dialogue social ». Le gouvernement annonce la fusion des CT et des CHSCT et le cantonnement des CAP à un rôle de recours.

Dans l’enseignement supérieur et la recherche, le combat contre la loi ORE, ParcoursSup, s’appuyant sur l’interfédérale nationale (FNEC FP FO, FSU, FERC CGT, SUD Education et les organisations lycéennes et étudiantes Solidaires étudiant- e-s, UNEF, UNL, SGL) se poursuit, ainsi que la résistance contre les fusions.

La forte résistance à Toulouse 2 a aboutit à l’échec de l’IDEX mais le projet de fusion des universités toulousaines n’est pas abandonné. La ministre manœuvre en mettant l’UT2J sous tutelle d’un administrateur provisoire nommé par elle, FO ESR soutient la revendication d’abandon complet du projet de fusion des universités toulousaines.

Dans de nombreuses universités, la situation se tend, allant à Montpellier jusqu’à la violence exercée par un groupe d’individus cagoulés contre des étudiants réunis en AG dans un amphithéâtre de l’université de droit de Montpellier. Notre fédération a condamné et soutient son syndicat de Montpellier, le SNPREES-FO 34, ainsi que les syndicats de l’université de Montpellier, les personnels, les étudiants qui se mobilisent pour l’abrogation de la loi ORE.

C’est dans cet esprit de résistance et d’indépendance que les syndicats départementaux du SNPREES-FO, syndicats de base, participeront au congrès confédéral fin avril.

Pour mener à bien ce combat de défense des revendications, nous devons aussi préparer les élections professionnelles de décembre prochain pour consolider et renforcer notre représentativité, au CTMESR, au CTU, dans les CT d’établissement, aux CAP, aux CCP.

Remplissez et faites remplir les actes de candidatures aux différents scrutins !

Gilles Bourhis, secrétaire général.