Non aux extensions horaires, non au travail du dimanche,
pour le maintien de nos primes statutaires

Loi Macron, réforme du collège, LRU, COMUEs : Un basculement total.

Dans le privé comme dans le public nous assistons à un basculement total. Ces différentes contre-réformes aboutissent au remplacement des droits collectifs qui protègent les salariés par des droits et contrats de travail individuels, renégociables à intervalle régulier. Le salarié se retrouve isolé face à son employeur, et l’existence même des syndicats est remise en cause.

Dans les bibliothèques cela se traduit par la disparition progressive du statut qui régit notre corps pour faire de nous des salariés du président de l’université. En effet le fait que la CPU ai été invitée par le secrétaire d'état Thierry Mandon aux concertations ouvertes dans le cadre de l'agenda social de l'enseignement supérieur et de la recherche place la Conférence des Présidents d’Universités (CPU) comme un interlocuteur des syndicats pour des questions d’ordre statutaire et réglementaire. Or, seul le ministère est habilité à négocier sur ces questions. Cela  montre clairement la volonté du gouvernement de confier aux Présidents d’Université et aux futurs Présidents des COMUE la gestion dans un cadre régional des fonctionnaires d’Etat, donc la destruction de leurs statuts nationaux.

Les processus de fusion et de regroupement initié par la loi FIORASO de 2013 participent de ce mouvement et ont des conséquences pour toutes les catégories de personnels de l’ESR.

Au mois de mai l’Inspection générale des bibliothèques a remis à Najat Vallaud-Belkacem un rapport intitulé : « Les fusions d’université et les centres de documentation ».

Après les atteintes aux conditions de vie et de travail que constitue

  • La perte de plus de 8% de pouvoir d’achat depuis le gel du point d’indice des fonctionnaires en 2010 (prolongé jusqu’en 2017 par le pacte de responsabilité)
  • La baisse des traitements nets dus notamment à la hausse des cotisations retraites
  • Le passage en force du PPCR qui allonge les durées de carrière et autofinance une revalorisation en trompe l’œil
Les recommandations contenues dans ce rapport vont dans le sens d’une aggravation de nos conditions de travail :
  • La recommandation n°11 prévoit « pour les site les plus importants [d’]avoir au moins une bibliothèque ouverte tard le soir et le dimanche »
    • La BNU ouvre le soir jusque 22h00 et le dimanche sans autre compensation que des récupérations qui ont pour effet de désorganiser le travail en semaine. Le travail le dimanche est obligatoire pour les catégories A au mépris des règles statutaires.
    • Un rapport de Sylvie Robert, sénatrice d'Ille-et-Vilaine sur l'adaptation et l'extension des horaires d'ouverture des bibliothèques publiques préconise également une coopération accrue entre les bibliothèques nationales, municipales et universitaires pour élargir les horaires d’ouvertures, notamment la dimanche.
  • La recommandation n°23 engage l’administration à profiter de ces fusions pour opérer des regroupements dans le cadre d’une rationalisation de « l’immobilier documentaire ». En clair pour les personnels cela présage des mobilités géographiques et/ou fonctionnelles par la fusion de BU ou de services
    • A Pau les BU Sciences et Lettres et sciences humaines et sociales vont fusionner mais sans aucune extension immobilière, ce qui va occasionner une réduction des services et des espaces alloués aux usagers, ainsi qu’une aggravation des conditions de travail des personnels
    • Dans le cadre de la fusion UPEC/UPEM il est prévu la fermeture du site ESPE de Melun et de sa bibliothèque.
    • A Montpellier le projet envisage un transfert de la BIU à la COMUE avec pour conséquence une extension du périmètre d’intervention de celle-ci aux autres établissements de la COMUE
  • Enfin le rapport insiste sur la nécessaire harmonisation des régimes de travail et de congés
    • A Bordeaux dans le cadre de la  fusion (Bordeaux I, II et IV) les personnels de Bordeaux IV ont vu leur temps de travail annuel augmenter

D’autre part le blocage de la valeur du point d'indice et la faiblesse des possibilités de promotions rendent la question des primes très sensible pour tous les personnels de bibliothèques.

Le ministère prévoit la mise en place du Régime Indemnitaire tenant compte des Fonctions, des Sujétions, de l’Expertise et de l’Engagement Professionnel (RIFSEEP) pour les personnels de bibliothèques en Janvier 2017.

A enveloppe constante, ce sont les collègues et l'emploi qui paieront pour les quelques uns qui verront leurs revenus augmentés,

FO revendique auprès du ministère de l’ESR qu'il soit demandé l'exemption d'adhésion au RIFSEEP pour les ITRF et les personnels des Bibliothèques, comme cela vient d'être fait au Ministère de l’Environnement (MEDDE) pour les corps techniques.

Signez la pétition intersyndicale nationale.

Le SNPREES-FO et Sup’Autonome-FO estiment que seule l’action unie des personnels sera à même de préserver nos acquis et invitent les personnels à se réunir, en assemblée générale, en heure d’information syndicale, pour discuter de la situation, établir les revendications et décider des moyens de les faire aboutir.