Attaques contre le CNU et la qualification :
les enseignants-chercheurs ne sont pas les employés des présidents !

Le 9 mai a eu lieu une tentative pour supprimer la qualification par le CNU des enseignants-chercheurs. Cette tentative a pris la forme d’un amendement au projet de loi de « transformation » de la fonction publique, proposé par trois députés (Modem et LREM). L’amendement a finalement été retiré à la demande même du gouvernement. Celui-ci craignait sans doute que s’accroisse encore l’opposition à ce projet de loi, dont FO ESR, avec la fédération générale des fonctionnaires FO, demande le retrait.

Procédure nationale, menée indépendamment de toute « politique de site », des préoccupations des établissements ou de leurs présidents ou directeurs, la qualification constitue en effet une garantie de qualité professionnelle, protège l’indépendance des enseignants-chercheurs, en particulier contre la territorialisation de l’enseignement supérieur et contre tous les clientélismes.

Parmi les tenants de la suppression de la qualification, la CPU (conférence des présidents d’université). Celle-ci a publié le 21 mai les conclusions d’un « colloque » tenu en mars, conclusions intitulées « Pour une approche proactive de l’autonomie ». La CPU y réclame la suppression de la qualification par le CNU.

Elle demande aussi « un assouplissement du cadre des missions des enseignants-chercheurs et de la comptabilisation de leurs activités, la règle des services de 192h TD équivalent présentiel, de plus en plus en décalage avec les nouvelles pratiques pédagogiques, devenant obsolète. »

C’est dire qu’il s’agirait de faire disparaître l’essentiel du statut des enseignants-chercheurs : leur indépendance, garantie notamment par une qualification qui ne dépend pas des présidences d’université, comme les modalités de comptabilisation de leur service. La CPU réclame même « des promotions décidées localement » !

Pour la CPU, il faudrait donc que les présidents puissent décider du recrutement, de la progression de carrière et de la définition du service des enseignants-chercheurs ! En somme, des enseignants-chercheurs employés des présidents et à leur merci tout au long de leur carrière !

En outre la CPU réclame que l’ « expérimentation » en matière de gouvernance des établissements, qui érige la dérogation en règle et permet entre autres d’éliminer la représentation propre des enseignants-chercheurs, puisse être étendue à toutes les universités.

FO ESR revendique au contraire :

  • l’abandon du projet de loi « transformation » de la fonction publique ;
  • l’abrogation de l’ordonnance permettant l’ « expérimentation » ;
  • le maintien du statut national des enseignants-chercheurs et de la qualification nationale par les sections disciplinaires du CNU, garants de leur indépendance ;
  • le maintien de la définition du service sous forme d’heures d’enseignement en présence des étudiants.

Le 13 juin 2019, pour l’élection au CNESER,
Votez pour un syndicat qui défend les statuts,
VOTEZ pour la liste FO ESR !

25/05/2019