CSLMD du 22 juin 2018
Intervention FO sur l’arrêté licence

Nous avons pris connaissance des projets d’arrêté licence.

Nous constatons :

  • Que la licence n’est plus structurée par des disciplines : c’est la fin de la licence qui attestait de la maitrise d’une discipline ;
  • Que le terme de licence, même si l’intitulé se réfère encore aux nomenclatures des mentions définies nationalement, recouvrira de multiples parcours-types individualisés (sans que l’on sache d’ailleurs très bien par qui et comment ils seront définis) mêlant éléments de connaissances disciplinaires et de « compétences » avec tout le flou et les incertitudes que recouvre cette notion ;
  • Que les contenus pourront être divers d’un établissement à l’autre, d’une année à l’autre, que le nombre d’heures d’enseignement pourra varier, notamment en fonction des capacités budgétaires de l’établissement.

Ces licences ne seront plus des diplômes nationaux, ni même des diplômes d’établissement clairement définis.

Nous sommes très inquiets des conséquences qu’aurait cet arrêté sur des diplômes professionnels reconnus dans les conventions collectives, comme les DUT, et donc sur leurs conséquences sur les BTS. Les licences professionnelles, impactées par cette réforme, n’auraient plus aucune lisibilité. Tous ces diplômes seraient dévalorisés sur ce qu’on appelle le « marché de l’emploi ».

Par ailleurs, l’introduction de la notion très contestable de « contrat de réussite » pose une question essentielle : de quels moyens les établissements sous-dotés disposeront-ils pour garantir la réussite d’un tel contrat ? N’est-ce pas, d’une certaine façon, reporter sur les équipes pédagogiques la responsabilité de l’échec des étudiants ?

Notre inquiétude est grande également pour l’avenir des établissements eux-mêmes. Certaines universités qui en ont les moyens choisiront peut-être de maintenir des cursus traditionnels de licence, qui deviendraient des « filières d’excellence » débouchant sur des masters et des doctorats. Les autres établissements, en partie ou en totalité, seraient relégués au rang de « collèges universitaires ».

Cette réforme serait lourde de conséquences pour les établissements, pour les universitaires, pour les personnels de toutes catégories, confrontés à d’insolubles problèmes de gestion individualisée des cursus des étudiants.

FO ESR, la FNEC-FP FO et la Confédération FO sont opposés à cette réforme.