Présentation par la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche des résultats des groupes de travail sur la réforme de la licence

La ministre a présidé le 17 mai une réunion de compte rendu des groupes de travail réunis pour la réforme de la licence en application de la loi ORE. Des textes devraient bientôt enfin nous être soumis lors de réunions bilatérales. FO ESR a tenu cependant à rappeler son opposition à toutes les attaques contre les diplômes et les personnels d’ores et déjà contenues dans la présentation faite lors de cette séance.

Déclaration FNEC-FP FO et FO ESR

Madame la Ministre,

Vous nous présentez aujourd’hui le résultat des groupes de travail qui se sont tenus dans le cadre de ce que vous appelez « concertation sociale relative à la réforme de la Licence ».

Pour la FNEC-FP FO et FO ESR (SNPREES-FO et Supautonome-FO), il ne saurait être question d’approuver cette réforme, qui est une application directe de la loi ORE, dont nous demandons toujours le retrait.

Sur la forme, nous ne pouvons que réitérer ce que nous avons déjà dit lors des premiers groupes de travail : le ministère n’ayant présenté aucun projet, il n’y avait rien à discuter, encore moins à négocier. Nous contestons de plus la place disproportionnée laissée à la CPU ou aux présidences d’université dans ces groupes de travail, comme s’ils étaient les employeurs, ce qu’ils ne sont pas. C’est pourquoi nous avons choisi de quitter ces groupes de travail.

Sur le fond, il ne saurait être question pour FO ESR d’approuver :

  • le démantèlement de la licence en « blocs de compétences » et l’évaluation par compétences, ce qui constitue une mise en cause du caractère disciplinaire de la licence ;
  • la mise en cause de la cohérence et de la progressivité du cursus de licence conçu par les enseignants-chercheurs spécialistes de chaque discipline, à travers la possibilité d’obtenir sa licence par accumulation de blocs d’ECTS sans rapport avec le cursus prévu pour chaque discipline de licence ;
  • la menace concernant la garantie d’horaire minimal d’enseignement en présentiel (jusqu’ici 1500 H) ;
  • l’absence de toute garantie quant à la comptabilisation des heures qui ne seraient pas faites en présentiel ainsi que la multiplication des tâches demandées aux enseignants dans le cadre de cette nouvelle licence, ce qui est la porte ouverte à un nouveau décompte du service des enseignants, que nous refusons absolument ;
  • l’extension à tous les diplômes de licence d’une « professionnalisation » incongrue, avec souvent des stages qui réduiront d’autant la place des enseignements disciplinaires fondamentaux : pour nous, l’université doit rester, d’abord et dès la licence, le lieu d’une formation générale articulée avec la recherche et ne doit pas être le lieu de l’acclimatation de la jeunesse à la précarité professionnelle ou salariale ;
  • la marge de manœuvre très grande laissée à chaque université pour construire ses propres licences dans le cadre de l’accréditation, ce qui est une mise en cause du caractère national du diplôme et ne peut qu’ouvrir la voie à l’augmentation des frais d’inscription pour chacun de ces diplômes particuliers.
Ce que vous nous présentez constitue donc une négation de la licence comme diplôme national, homogène, fondé sur des connaissances disciplinaires, qualifiant, porteur de garanties pour tous les étudiants.

C’est aussi une négation de la licence comme grade universitaire, qui doit donner accès au master. C’est enfin un projet lourd de menaces sur la définition du service des universitaires.

Ceci ne peut que nous renforcer dans notre revendication de retrait d’ORE et de Parcoursup, exprimée également dans des dizaines de motions d’UFR ou de départements ainsi que par de très nombreuses AG étudiantes.

Ceci ne peut que nous conduire à appeler tous les collègues à se mobiliser contre cette réforme de la licence et à réitérer leur refus d’ORE et de Parcoursup.

Ceci ne peut que nous conduire à porter ces revendications le 22 mai, dans le cadre de la grève en défense de la fonction publique et des services publics, que cette réforme contribue à ébranler.

17 mai 2018.