Déclaration liminaire FNEC FP-FO au CTMESR du 20 avril 2018

Le contexte dans lequel se tient ce CT ministériel est exceptionnel. L’opposition et la mobilisation contre la loi Orientation et Réussite des Etudiants s'enracine et s’amplifie. Les AG d’étudiants et de personnels qui prennent position contre ParcoursSup se multiplient, la participation aux AG est de plus et plus massive, 3000 en AG lundi à Rennes 2 par exemple. Les prises de positions d’instances universitaires qui s’opposent et refusent de faire le classement des dossiers se multiplient, en particulier au niveau des départements et des UFR. Plusieurs universités, dont Lyon 2, Bordeaux III, Rouen, refusent de mettre en place le classement en dehors des filières en tension.

Malgré cela le ministère, le gouvernement, s’entêtent. Le ministère maintient sa loi, il maintient ParcoursSup, alors que de nombreux signes indiquent que cette année risque d’être bien plus catastrophique que l’année précédente pour de nombreux bacheliers dont les souhaits prioritaires ne seront pas satisfaits.

Avec les autres organisations de l’interfédérale de l’Education, Force Ouvrière réitère sa demande d’abrogation de la loi ORE et le retrait de ParcourSup.

En imposant une réforme dont nous rappelons qu'elle est depuis le début rejetée par l'écrasante majorité des organisations syndicales, le gouvernement a pris la responsabilité du conflit. C'est donc à lui et à lui seul qu'incombe la responsabilité de la situation présente. Aujourd'hui, le gouvernement maintient l'intégralité d'une réforme de plus en plus rejetée, et il envoie les forces de l'ordre. Nous ne l'acceptons pas : il n'est qu'une solution pour sortir du conflit, c'est de retirer les réformes contestées. C'est la solution de sagesse.

Non seulement le ministère n’abroge pas sa loi, mais il poursuit les réformes qui lui sont associées. Ainsi, notre ministère a décidé de lancer une concertation sur la licence. Comme les précédentes concertations, il s’agit de faire croire que les syndicats sont associés à la conception de la future réforme. Il n’en est rien, d’autant qu’aucun texte n’est pour l’instant sur la table, mais les thèmes des groupes de travail indiquent bien l’objectif du gouvernement.

Il s’agit notamment de mettre fin au référentiel minimum de 1500h d'enseignement en présentiel en licence. La volonté d’économie est évidente, au prétexte d’innovation pédagogique et du numérique.

La notion de "blocs de compétences" et d’individualisation des parcours menace clairement la cohérence et la progression des enseignements disciplinaires et constitue une attaque contre le caractère national du diplôme de licence. Cette orientation est également portée par le PIA3 puisque par exemple le projet NCU-PULSE de l’UPEC met au coeur l’approche par compétence.

Force Ouvrière s’oppose aux objectifs de cette réforme et revendique le maintien des licences disciplinaires, avec des structures et modalités de validation définies dans la réglementation nationale, l’arrêt de la diminution du nombre d’heures disciplinaires, le maintien des DUT à bac. +2, avec des arrêtés fixant les programmes pédagogiques disciplinaires des différentes spécialités des DUT.