CNESER du 20 mars 2018 - déclaration FO

Madame la Ministre, vous ouvrez une période de concertation devant aboutir à une « nouvelle licence ». Nous tenons à préciser dans quel esprit FO participera à cette concertation.

Nous avons pris connaissance de l’avis récent du Conseil National Education Economie (CNEE), qui avait été saisi de la question du « Bachelor », et devait répondre à la question : faut-il développer des « Bachelors » à l’Université.

En réponse, le Conseil recommande une réforme complète de la licence, qui deviendrait « intégrative » et ne serait plus fondée sur les disciplines :

« la proposition est un premier cycle très large et intégratif (BTS, DUT, licences et licences pro, prépas), fondé sur la capitalisation de « blocs de compétences » bien identifiés et attestés. Blocs à partir desquels il sera alors possible de construire des parcours très libres (….). L'objectif étant de passer d’une logique quantitative et de formation (des crédits, des UE, des semestres) à une logique qualitative de certification (des blocs de compétences à acquérir).

Un premier cycle « intégratif » serait destructeur pour les cursus intégrés.

Un diplôme fondé sur des « parcours-types » individualisés, le remplacement des contrôles de connaissances par l’évaluation (extrêmement subjective) en termes de compétences sont contradictoires à l’acquisition de connaissances disciplinaires.

L’intégration des classes préparatoires à ces licences, cela signifierait passer de 900 h d’enseignements annuels disciplinaires à 500, horaires des licences… dans le meilleur des cas ! Intégrer les DUT à la licence signifierait la fin du DUT reconnus dans les Conventions collectives. Les conséquences seraient également catastrophiques pour les Ecoles d’Ingénieurs.

Cette licence « réformée », ce serait la fin des licences fondées sur les disciplines, et de l’Université fondée sur la transmission des savoirs disciplinaires

Pour FO,

  • Le maintien des licences disciplinaires, l’arrêt de la diminution du nombre d’heures disciplinaires
  • Le maintien des DUT à bac. +2, avec des arrêtés fixant les programmes pédagogiques disciplinaires des différentes spécialités des DUT
  • Le maintien des classes préparatoires et des BTS

Sont autant de lignes rouges à ne pas franchir

Au début de la réponse, la ministre indique tout de suite

« Le rapport du Conseil National Education Economie, ce ne sera pas la base sur laquelle se fera la loi. D’ailleurs je ne l’ai même pas lu. (…) Quand aux lignes rouges de FO, si c’est pour ne rien changer à la licence, ce n’est pas la peine de faire une loi »