Avec Force Ouvrière, résister pour défendre nos statuts nationaux, rétablir les financements récurrents et l’évaluation scientifique par les pairs

•  L’ANR favorise-t-elle les évaluations incohérentes ?

Un nombre inhabituel et croissant de témoignages fait suite à la dernière cuvée des rapports d’experts de l’ANR. Ce n’est plus seulement le faible taux de projets retenus ni même l’opacité du processus qui sont en cause, mais bien l’apparente incompétence des "experts" qui soulève une vague de protestations : écarts de notes incompréhensibles, incluant parfois des notes éliminatoires, méconnaissance de la littérature et de la structuration de la discipline, perte de mémoire des évaluations antérieures réalisées sur un même projet, …

Faut-il y voir des conflits d’intérêt ou une incompétence des experts choisis par l’ANR ? Figurer dans ces comités est-il une manière de faire du lobbying ? Ce qui est certain, c’est que depuis cette année, l'ANR a repris la main sur la pré-évaluation, et que les comités thématiques ont encore perdu en indépendance car leur président est désormais employé par l'ANR.

La situation est assumée par l'ANR qui rejette quasiment tous les recours et reconnaît qu'en raison du nombre important "d'excellents" projets, certains ne peuvent "hélas" être financés. Tout le monde n’est pourtant pas dupe ! C’est ainsi qu’en 2016, le comité Mathématiques - informatique de l’ANR a décidé à l’unanimité de ne pas transmettre ses conclusions.

FO invite tous les personnels à signer l’appel (http://www.petitions24.net/des_credits_recurrents_pour_la_recherche) et à rejoindre son action indépendante pour que la dotation récurrente de l’Etat redevienne la principale source de financement du fonctionnement des laboratoires. C’est une condition sine qua non de la liberté de recherche !

•  Quel est l’objectif du chantage pour fusionner et COMUE-nier ?

Après avoir aggravé la politique d’austérité à coup de dizaines de milliards d’euros dilapidés (Pacte de Responsabilité), le gouvernement transfère sa mise en œuvre aux présidents d’universités et aux COMUE (Communautés d’universités et d’établissements). En ne compensant pas la totalité de la masse salariale, l'Etat crée lui-même le déficit et exerce un chantage au financement sur projets (PIA, IDEX, I-Site) pour contraindre les établissements à se restructurer ou fusionner.

C’est le cas à Lyon / Saint-Etienne tout comme sur le site rennais, où le projet I-Site a été ouvertement torpillé par le comité PIA (nommé par le gouvernement) en raison de la fusion avortée des universités Rennes 1 / Rennes 2.

Les syndicats FO rappellent leur opposition au principe même de l’IDEX qui met en concurrence des établissements publics pour bénéficier d’argent public. FO souligne également le caractère désintégrateur de ces "projets d’avenir" qui excluent du périmètre thématique retenu plus de 80% des équipes.

Cette politique de territorialisation de l’enseignement supérieur et de la recherche vise à contraindre les établissements à fusionner, contribue au démantèlement des organismes nationaux de recherche (le CNRS en premier lieu), et accroît l’ingérence des collectivités territoriales ou d’intérêts privés dans les missions universitaires d’enseignement et de recherche. L’introduction récente d’établissements privés au sein des COMUE (notamment l’Université Bretagne-Loire) prépare la privatisation et la remise en cause de la réalisation des missions par des fonctionnaires d’Etat.

La COMUE et la "territorialisation" de la loi Fioraso, comme la loi El Khomri, visent à remettre en cause toute garantie collective, tout statut national, tout caractère national des programmes et des diplômes: tout serait défini au niveau local, là où le rapport de force est le plus défavorable aux personnels. Une fusion, quelles que soient ses modalités ("intégration renforcée", "unification"), quel que soit son champ d’application, ne peut donc être dans l’intérêt des personnels.

Pour la défense du CNRS comme organisme de recherche et contre sa transformation en agence de moyens au service des politiques de sites :

Votez FO à l’élection au CA du CNRS (du 1er au 26 juin 2017)