Déclaration liminaire du SNPREES-FO et SupAutonome-FO au CTMESR du 15 décembre 2016

Alors que des échéances électorales auront lieu dans quelques mois et que la campagne est d’ores et déjà ouverte, il nous semble important de rappeler que, conformément à ses principes, Force Ouvrière ne donnera aucune consigne de vote, directe ou indirecte, au 1er comme au 2nd tour.

Cela ne nous empêche pas de rappeler nos positions, analyses et revendications.

La création par ordonnance du CPA dans la fonction publique, mise en place par la loi Travail, remet en cause les garanties statutaires collectives, notamment en matière de formation. Nous soutenons l’attitude commune des fédérations de fonctionnaires FO, CGT et Solidaires qui ont décidé de boycotter les réunions sur le CPA.

Le protocole PPCR, déjà en application pour les personnels de catégorie B et à partir du 1er janvier 2017 pour les personnels de catégorie C, ne répond en rien aux attentes des personnels, les rattrapages minimes étant en grande partie payés par la fin des échelons accélérés.

La transposition de PPCR pour les personnels enseignants de statut premier et second degrés introduit un grade fonctionnel accessible à une minorité. Pire elle bouleverse le statut des enseignants en introduisant une évaluation basée sur des entretiens à l’image de ce qui existe pour les personnels BIATSS et ITA.

Concernant la transposition de PPCR aux corps de catégorie A ITRF, BIBs, ITA, chercheurs et enseignants-chercheurs, le ministère ne nous a toujours pas fait part de ses projets ni ouvert aucune discussion. Le SNPREES-FO et SupAutonome-FO sont porteurs de revendications pour ces corps, comme l’intégration des Assistants Ingénieurs dans le corps des Ingénieurs d’Etude ou l’allongement de la grille des Chargés de Recherche de 1ère classe jusqu’à la hors échelle lettre B et s’opposent à la création de grades fonctionnels réservés à une minorité.

Le SNPREES-FO et SupAutonome-FO demandent l’abandon de la nouvelle évaluation pour les PRAG-PRCE et de la mise en œuvre du suivi de carrière des universitaires qui remet en cause leur indépendance et leurs libertés académiques.

Un décret interministériel sur le RIFSEEP est passé au Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’État (CSFPE) le 30 novembre 2016, il « aménage le calendrier d’adhésion », avec des adhésions possibles jusqu’au 1er janvier 2019. En clair il recule le calendrier pour certains corps, dont les ITA, les ITRF et les personnels des bibliothèques puisqu’il n’y a toujours pas de projet d’arrêté d’adhésion pour ces corps.

C’est un résultat à mettre au compte de la résistance des personnels à la mise en œuvre de cette réforme (plus de 10 000 signataires sur la pétition remise au ministère). Nous réitérons notre demande d’exemption de ces corps et d’abandon de la mise en œuvre du RIFSEEP pour les autres corps concernés.

Ce que veulent les personnels est simple : de réelles revalorisations de salaires sans individualisation. Mais une réelle revalorisation ne peut s’obtenir qu’avec une augmentation du traitement, donc de la valeur du point d’indice, ainsi qu’une réelle amélioration des carrières, au contraire de PPCR.

Ses attaques contre les personnels sont complémentaires de la restructuration en profondeur du paysage de l’ESR que poursuit le ministère.

Le passage aux COMUE ne suffisant pas, dans l’objectif du ministère et du Commissariat Général à l’Investissement (CGI) de mise en place d’une « gouvernance resserrée ou intégrée », ce sont maintenant de nombreuses fusions qui sont à l’ordre du jour, avec le prétexte des classements internationaux, qui masque de plus en plus mal le chantage des jurys IDEX ou I-SITE liant fusion et financement.

Le SNPREES-FO et SupAutonome-FO se félicitent que la résistance des personnels se traduise par des fusions avortées, ou dont la réalisation est incertaine, comme le montrent le vote du comité technique de Lyon III ainsi que la motion unanime de celui de Saint-Étienne contre la disparition de ces universités et la fusion, ainsi que le premier vote du CA de Lyon III contre le projet IDEX. Il en est de même des votes des différents CT et CAC concernant la fusion des universités d’USPC. Les récentes sorties d’établissements de plusieurs COMUE (HeSam, Leonard de Vinci), sont également l’expression de la volonté des personnels et que la politique de territorialisation et de désengagement de l’Etat peut se combattre.

C’est dans ce contexte que le gouvernement a déposé le 9 décembre un amendement au projet de loi « Statut de Paris et aménagement métropolitain » visant à modifier le Code de l’Education pour permettre la création d’un nouveau type d’EPSCP, issu de la fusion des membres d’un regroupement universitaire, ayant la possibilité de déroger à de nombreuses dispositions des EPSCP.

En clair ce cavalier législatif avait pour objectif de permettre des fusions à la carte avec les mêmes dérogations possibles au statut des universités que celles des grands établissements.

Il a été remplacé par un nouvel amendement le 14 décembre, plus limité, mais qui va prolonger de 5 à 10 ans la durée des expérimentations dans le même objectif de déroger.

Nous condamnons cette nouvelle attaque pour faire éclater ce qui reste du cadre national des universités, dans la forme comme dans le fond. Dans la forme, car ce projet législatif n’avait pas été soumis au CNESER alors que c’est précisément son rôle de donner un avis sur ce type de projet. Comme pour toutes les mesures qu’il décide, loi travail, PPCR, RIFSEEP, réforme du master, le gouvernement décide seul ou avec des interlocuteurs qu’il choisit.

Sur le fond le SNPREES-FO et SupAutonome-FO demandent à Madame la Ministre et Monsieur le Ministre de renoncer à ce projet qui va poursuivre l’éclatement de l’université publique avec autant de règles que de regroupements.

Le SNPREES-FO et SupAutonome-FO demandent à Madame la Ministre et Monsieur le Ministre d’abandonner le projet de réforme du master, d’abandonner le RIFSEEP et d’ouvrir de réelles négociations pour améliorer les carrières de toutes les catégories de personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche.