Rapport IGAENR : des propositions provocatrices et toutes inacceptables !

Le rapport de l’IGAENR, rendu public le 21 mars dernier, sur «  le recrutement, le déroulement de carrière la formation des enseignants-chercheurs » prolonge les attaques des lois LRU/Pécresse et ESR/Fioraso et de leurs textes d’application contre les libertés académiques et le statut national des universitaires, fondés sur le principe constitutionnel d’indépendance.

Sa méthode d’élaboration relève de la malhonnêteté intellectuelle : interlocuteurs complaisamment choisis en fonction des conclusions qu’on voulait tirer, mise en exergue hypocrite du « point de vue des universitaires », alors que n’ont été consultés que trois membres du CNU et aucune organisation syndicale représentative des personnels. Le tout est noyé dans une rédaction dont le seul horizon de référence est le mondialisme à l’américaine.

La mise en œuvre de ce rapport impliquerait pour les enseignants-chercheurs  :

  • la suppression de l’obligation de l’accord préalable de l’enseignant-chercheur pour la modulation de service, alors que l’intervention de Supautonome et du Snprees lors de la négociation de 2009 avait permis d’inscrire dans le décret la nécessité d’obtenir cet accord écrit ;
  • la généralisation de la modulation de service, la disparition de la définition du service statutaire d’enseignement de 192 H par un système de définition individualisée du service d’enseignement ;
  • l’extension des dérogations à la procédure commune de qualification par les sections disciplinaires du CNU pour les fonctions de MCF ;
  • la mise en place d’une procédure d’évaluation individuelle des enseignants-chercheurs ;
  • la mise à l’écart accentuée des pairs spécialistes de la discipline dans les comités de sélection par ingérence de représentants de la gouvernance des établissements ;
  • la formation des MCF stagiaires utilisée pour imposer une pédagogie officielle et développer l’évaluation/sanction.

Elle aurait aussi des conséquences importantes pour les chercheurs :

  • obligations d’enseignement pour les chercheurs ;
  • rapprochement des fonctions et des missions des chercheurs et des enseignants-chercheurs en vue de la fusion de ces deux corps.

Si elles étaient mises en œuvre, les propositions de ce rapport constitueraient une attaque sans précédent contre le statut et l’indépendance de tous les universitaires, y compris des chercheurs, soumettraient les recrutements des enseignants-chercheurs aux seules attentes locales et exigences présidentielles, impliqueraient une définition individualisée de leurs charges d’enseignement et dégraderaient très gravement leurs conditions de travail en les transformant en employés de leur Université.

Le SNPREES-FO et SUPAUTONOME-FO demandent que le ministère ne prenne en compte aucune des préconisations de ce rapport.