Plus tard, il sera trop tard !  C’est maintenant qu’il faut défendre votre établissement, l'IRSTEA, votre emploi et vos conditions de travail.

Le contexte

Les EPST essuient de la part des gouvernements  qui se succèdent (Lois Pécresse puis Fioraso) des attaques en règle et  l’Irstea, petit EPST, est particulièrement touché par cette politique. Le projet de loi El Khomry intègre un article habilitant le gouvernement à appliquer le compte personnel d’activité aux fonctionnaires. L’objectif est clair : remplacer les règles statutaires qui garantissent les droits des fonctionnaires par un « compte personnel ». Les garanties collectives en matière de salaire, de missions, de carrière, de temps de travail… laisseraient la place à une individualisation généralisée.

Même volonté d’individualisation avec  les « nouvelles primes » (PEDR, RIFSEEP…) profitable à quelques-uns mais défavorables pour le grand nombre, suppression des réductions d’ancienneté pour un passage limité au choix au 1er janvier 2017, etc. Plus de 8000 signatures sur la pétition : «Ni RIFSEEP ni statu quo»  ont été déposées  au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESR) le 26/01. Ces pétitions, et les mobilisations en cours marquent le refus des personnels de cette prime différenciée selon la fonction et la manière de servir, qui désagrègerait les collectifs de travail.

A grade et indice égal, rémunération égale ! Les représentants du personnel demandent que les personnels de l’Irstea (comme beaucoup de corps dits « supérieurs » qui s’empressent de la fuir) soient exonérés de l’application de cette nouvelle prime, que la direction veut mettre en place à marche forcée pour le 1er janvier 2017. Nous appelons les personnels à poursuivre la signature de la pétition « Ni RIFSEEP, ni statu quo » http://www.universite-democratique.org/rifseep/ et à amplifier la mobilisation.

Pour compléter le tableau, avec la réforme territoriale, les préfets de région ont reçu tout pouvoir pour organiser les services de l’Etat : à la clé, partout : mutualisations, mobilité, remise en cause des qualifications et des statuts. Quant au protocole « parcours professionnel, carrières, rémunérations » (PPCR),  que FO  n’a pas signé avec clairvoyance, il vise à faire exploser les statuts en fusionnant les corps, en imposant au passage toutes les « contre réformes ». La Loi de Finances 2016 entérine le gel de la valeur du point d’indice et renforce les effets les plus néfastes du Protocole PPCR.

La situation de l’EPST IRSTEA

Elle n’est pas brillante !  nous vous en avons informé au fil des mois, en constatant la dégradation budgétaire, des emplois, des conditions de travail. Nous avons demandé sans relâche aux tutelles de se concerter et de prendre les décisions nécessaires pour remettre à niveau la dotation budgétaire de l’Etablissement et garantir son avenir en tant qu’EPST. Nous  sommes allés voir les cabinets des ministres, nous avons boycotté les instances, nous avons signé des pétitions, nous avons fait la grève des indicateurs. Vous nous avez accompagnés dans toutes ses actions et maintenant nous sommes dans la dernière ligne droite, au moment où les décisions cruciales vont être prises, et il faut qu’elles le soient dans l’intérêt des personnels de l’établissement !

Nous avons  dénoncé les expédients indignes utilisés pour boucler les budgets : prélèvement de 650 000 euros sur la masse salariale au budget 2014 pour pouvoir payer des réparations urgentes dans les bâtiments et pallier le manque de trésorerie, au budget 2015 une nouvelle ponction de la masse salariale de 550 000 €  (soit le tiers de la rallonge donnée par les tutelles au BI 2015) pour faire face à des dépenses d’investissement, cette fois-ci des dépenses informatiques. Tout cela a  comme conséquence des gels de postes et des économies sur les déroulements de carrières, plus de précarité.  L’établissement détruit constamment des emplois (et pas les moins scientifiques) pour s’ajuster à la pénurie mais cet exercice a des limites, surtout quand on lui impose ou qu’il s’impose de nouveaux « fardeaux » (mise en place de la GBCP,  réformes de gestion, dépenses informatiques de logiciels surdimensionnés, etc..)

Le  rapport de  l’audit réalisé par le cabinet Alenium Consultants fait ainsi toute une série de préconisations sur le fonctionnement de l’Etablissement pour essayer de trouver des sources d’économies et maximiser les rentrées contractuelles. Elles  passent par un flicage généralisé des personnels et un assujettissement des activités de recherche à des impératifs financiers. Tout en pointant une évidence que les représentants du personnel ne cessent de répéter, à savoir qu’il n’y a aucune perspective de voir les charges structurelles de l’Etablissement couvertes par une augmentation des ressources propres, en baisse tendancielle depuis 2012, y compris celles en provenance des entreprises privées.  Ceci est à nouveau confirmé par le dernier rapport d’audit récemment remis aux tutelles en Février 2016 : le scénario « bon élève »  qui appliquerait toutes ces préconisations ne peut même pas aboutir à un assainissement durable de la situation de l’établissement.  D’une manière ou d’une autre, c’est la fin de l’Irstea (mourir à petit feu ou être « fusionnés » ) qui est envisagée par les différents scénarios décrits par les auditeurs de l’inspection générale.

Vos  représentants du personnel  au CA refusent cette perspective de déclin de l’Etablissement et de mise sous tension des personnels à coup de restructurations et de harcèlement pour décrocher le Graal du « coût complet » ou réfléchir en express à quelles activités doivent être tuées en premier. Les activités de recherche et d’expertise de l’Irstea en environnement et agriculture répondent aux besoins croissants de la société sur ces sujets.

L’Etat se doit de prendre ses responsabilités et de mettre à niveau la dotation budgétaire de l’Etablissement, au même niveau que les autres EPST : ce n’est pas demander la lune ! L’argent existe (crédit impôt recherche par exemple) il manque juste la  volonté politique ! Prenons à témoin nos réseaux, nos partenaires et demander leur de signer la pétition pour la sauvegarde de nos activités de recherche et de nos emplois  https://www.change.org/p/najat-vallaud-belkacem-non-%C3%A0-la-disparition-d-un-pan-de-la-recherche-publique-en-environnement  (pétition publique lancée par l’intersyndicale)

Pourquoi se mobiliser le 17Mars (date du prochain CA) ?

C’est à ce conseil d’administration que les tutelles vont s’exprimer sur le rapport d’audit « prospective » qui vient de leur être remis officiellement le 26 Février. Aucun des scénarios présentés par ce rapport qui nous a été remis très récemment, ne prévoit pour l’Irstea un financement pérenne lui permettant de jouer pleinement son rôle d’EPST et de sortir de l’ornière. Les tutelles sont donc sur le point de décider, en accord avec la direction,  de la méthode de démantèlement de l’Irstea, avec en corollaire toute la casse sociale qui l’accompagnera dans les équipes et les services d’appui,  et les arrêts ou transferts d’activités de recherche pourtant d’intérêt public.

C’est le moment de dire non à ce démantèlement et d’exiger ensemble un autre avenir pour l’Irstea.

Tous dans la mobilisation pour le CA du 17 Mars !

Rassemblement dans les centres