« Suivi de carrière » des enseignants-chercheurs :
abandon, tout de suite !

Le décret n° 2014-997 du 2 septembre 2014 a remplacé l’évaluation quadriennale des enseignants-chercheurs, introduite par le décret n° 2009-460 du 23 avril 2009, par un « suivi de carrière » quinquennal dont les objectifs n’ont jamais été clairement définis par le Ministère. La très forte opposition des enseignants-chercheurs à l’introduction d’une telle évaluation, même rebaptisée en « suivi » de carrière, avait été manifestée lors du mouvement de 2009.

En effet :

  • toutes les activités des enseignants-chercheurs sont déjà examinées par leurs pairs, spécialistes de leur discipline, dans le cadre des sections CNU (qualifications, recrutements, mutations, promotions, congés thématiques, primes), à quoi s’ajoutent les nombreux avis émis lors des soumissions d’articles ou ouvrages pour publication ou lors des très nombreux dépôts de dossiers désormais nécessaires, dans le contexte de la recherche « sur projets », pour obtenir les maigres subsides nécessaires aux activités de recherche qui représentent une part essentielle de leurs missions et la moitié de leurs obligations réglementaires de service ;
  • le « suivi de carrière » implique un rapport périodique et obligatoire et sera accompagné dans sa transmission au CNU de l’avis de la direction de l’établissement. C’est donc sur une base soumise aux attentes locales et non aux seules obligations statutaires que sera effectuée l’appréciation de l’ensemble du service. Il s’agit là d’une claire atteinte aux garanties statutaires d’indépendance des enseignants-chercheurs, dont un des corrélats est le jugement exclusif par les pairs de la même spécialité disciplinaire ;
  • à quoi donc pourrait servir un « suivi de carrière » assorti d’un avis réservé ou négatif de l’établissement, voire d’une section du CNU ? Très vraisemblablement, à faire pression sur  les collègues pour l’acceptation d’une modulation à la hausse de leurs services, sous forme d’enseignement ou de tâches annexes extra-statutaires, qui réduira d’autant le temps qui peut être consacré à la recherche.

La très forte résistance opposée par la très grande majorité des sections du CNU et la CP-CNU depuis 2009 à la mise en place de l’ « évaluation » puis du « suivi de carrière » dit assez que les enseignants-chercheurs ne veulent pas de cette atteinte à leur indépendance et à leurs missions, de cette soumission aux « politiques de site » dans le cadre des Universités autonomes et des COMUE et qu’ils refusent la hausse de leurs obligations de services qu’impliquerait sa mise en œuvre.

C’est maintenant qu’il faut réagir !
Faites remonter vos motions, signez la pétition en ligne !

L’application Internet prévue à cet effet a été activée sur la plateforme Galaxie et les dossiers doivent être déposés dès le 25 mars prochain par tous les enseignants-chercheurs des établissements appartenant à la vague B.

Le SNPREES-FO et SUPAUTONOME-FO demandent, avec la grande majorité des collègues, l’abandon du « suivi de carrière » tel que figurant dans le décret n° 2014-997 comme de toute mesure d’évaluation récurrente et obligatoire des enseignants-chercheurs.

Le SNPREES-FO et SUPAUTONOME-FO appellent les collègues à :
- se réunir selon les modalités qu’ils estimeront les plus appropriées  (par départements, UFR, laboratoires, assemblées générales, …)
- prendre position dans des motions qui exprimeront clairement leur revendication d’abandon de la procédure de « suivi de carrière » ;
- faire remonter ces motions auprès de leurs organisations syndicales.

 

Exemple de motion
« Toutes les activités des enseignants-chercheurs sont déjà examinées par leurs pairs, spécialistes de leur discipline, dans le cadre des sections CNU, à quoi s’ajoutent les examens effectués lors des soumissions d’articles ou publications ou lors des dépôts de projets de recherche.
Nous, enseignants-chercheurs du [laboratoire, UFR, …]
refusons la procédure d’évaluation dite « suivi de carrière », qui ne peut que conduire à un alourdissement de nos tâches et de nos services et à une remise en cause de nos missions, tout en diminuant l’activité consacrée à la recherche.
Nous demandons en conséquence au ministère l’abandon du « suivi de carrière » tel que figurant dans le décret n° 2014-997 comme de toute mesure d’évaluation récurrente et obligatoire des enseignants-chercheurs. »
 
NOM-Prénom qualité

 

 Montreuil, le 15 février 2016