Plan Bibliothèques ouvertes :
démagogie et surenchère sur le dos des personnels

Le ministère lance un plan « bibliothèques ouvertes », axé sur l'élargissement des horaires d'ouverture des BU le soir, le week-end et pendant les vacances.

Ce n'est pas le premier plan : les bibliothèques universitaires sont passées d'une moyenne d'ouverture de 40 heures en 1988 à 61 heures aujourd'hui (chiffres du ministère). A quel prix et dans quelles conditions ?

Pour l'essentiel ces extensions se sont faites sans moyens. Cela s'est traduit par des récupérations horaires qui rendent le quotidien difficile à gérer, des indemnités forfaitaires qui ne compensent pas ce qui n'est pas monnayable, du volontariat qui devient imposé, des situations qui, se situant à l'extrême limite de la légalité, sont en contradiction avec la déontologie de la Fonction publique.

Coté financement, ce nouveau plan prévoit à titre principal le recours aux vacataires étudiants, du gardiennage et un financement d'équipements destinés au comptage des entrées et de prévision d'affluence.

Par contre rien pour l'embauche de personnels titulaires de la filière bibliothèque, rien pour améliorer les fonds documentaires ou les abonnements aux périodiques, rien pour améliorer l'accueil des étudiants.

Ne comparons pas des ouvertures où toutes les fonctions sont assurées, et des ouvertures qui ne sont que la mise à la disposition du public d'un espace éclairé et chauffé. Veut-on des bibliothèques ou des espaces de travail ? Alors même que le développement des ressources en ligne et des archives numériques en libre-accès rend la documentation accessible 24h/24 et 7 jours sur 7, avant d'ouvrir davantage, il serait préférable de procéder à la mise aux normes de locaux vétustes qui réglementairement, devraient même être fermés !

De plus ce plan procède par appel à projets, ce qui incite chaque université à la surenchère, quitte à imposer aux personnels de nouvelles dégradations de leurs conditions de travail. Sans compter que les établissements devront participer à hauteur de 25 % au financement de ces élargissements horaires ! Dans quels autres budgets devront-ils puiser pour financer ces 25 % ?

Le SNPREES-FO et SupAutonome-FO demandent le retrait de ce plan destructeur. Avec les personnels, nous refusons toute dégradation supplémentaire de nos conditions de travail, en particulier en termes d'horaires de travail, qu'implique obligatoirement ce plan.

Le SNPREES-FO et SupAutonome-FO seront très fermes sur les ouvertures du dimanche. Comme dans le privé avec la loi Macron, le gouvernement veut déréglementer et enlever tous les droits nationaux aux fonctionnaires. NON au travail le dimanche !

Le SNPREES-FO et SupAutonome-FO  revendiquent :

  • le retrait du plan « bibliothèques ouvertes »
  • la création de tous les postes de titulaires de la filière bibliothèque nécessaires
  • des moyens pour les BU à la hauteur des besoins

Le SNPREES-FO et SupAutonome-FO défendent le repos dominical, conquête sociale obtenue il y a 110 ans, et soutiendront toutes les initiatives, nationales et locales, contre cette nouvelle attaque. Nous ne baisserons pas les bras.

Montreuil, le 5 février 2016