Budget 2016 de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche :
les motions du CNESER du 19 octobre 2015

De une… à deux motions sur le budget

Dans un premier temps, une motion portée en commun par FSU, CGT (FERC Sup, SNTRS, Confédération), Sud Education, FO (SNPREES, SupAutonome, Confédération), UNSA, SNPTES, devait être soumise au CNESER. Elle se concluait ainsi :

« C’est en milliards que se chiffrent les besoins nécessaires, tant pour atteindre les 3% du PIB consacrés à la recherche, dont 1% pour la recherche publique, que les 2% du PIB consacrés à l’enseignement supérieur. Le ministère doit cesser d'ignorer l'avis des personnels et des étudiants. Des mesures immédiates sont indispensables. Elles devront être inscrites au budget 2016 ».

La CFDT et l’UNEF, notamment, refusaient de s’y associer en raison d’une phrase mettant en cause les COMUE qui restructurent l’ESR en application de la loi Fioraso :

« La restructuration de l'ESR aggrave la pénurie et ses effets par de nouveaux prélèvements sur les établissements existants, par les fermetures de formations et les réductions d'équipes de recherche, et accroît encore les inégalités entre établissements ».

Pour obtenir l’appui de la CFDT et de l’UNEF « dans un souci d’unanimité », les organisations FSU, CGT (FERC Sup, SNTRS, Confédération), Sud Education, UNSA, SNPTES, ont  alors retiré la phrase incriminée pour la remplacer par :

« Dans ce contexte de sous-financement, la restructuration de l'ESR ne peut pas être une réponse à la pénurie et à ses effets. Face à de nouveaux prélèvements sur les établissements, aux fermetures de formations et aux réductions d'équipes de recherche, l'augmentation des financements mieux repartis en fonction des besoins, est indispensable pour ne pas accroître encore les inégalités entre établissements ».

Ce qui signifie que la mise en place des COMUE – c’est-à-dire la territorialisation de l’Université, l’éclatement du cadre républicain au profit des régions, les regroupements imposés aux personnels universitaires, les fermetures de formations, … – seraient acceptables moyennant un financement plus important.

Dans ces conditions, Force Ouvrière a retiré son soutien à cette motion modifiée, et a présenté seule la motion initiale. En effet, FO n’entend pas « moduler » ses revendications pour qu’elles deviennent compatibles avec celles de la CFDT … et avec la politique  du gouvernement.

Les votes du CNESER

  • Motion « CFDT- UNEF » compatible adoptée par 58 pour (CFDT, UNEF, soutenue par FSU, CGT (FERC Sup, SNTRS, Confédération), Sud Education, UNSA, SNPTES, FAGE)  et 12 NPPV dont FO (SNPREES, SupAutonome, Confédération)
  • Motion FO adoptée par 29 pour (FSU, Sud, FO, FERC Sup-CGT, ...), 12 contre (CFDT, FAGE, …), 6 abstentions, 14 NPPV (dont confédération CGT, …)

Pour les personnels de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, comme pour l’ensemble des salariés, mieux vaut la majorité sur des revendications claires qu’un unanimisme de façade qui laisse les mains libres au gouvernement pour mettre en œuvre ses plans d’austérité et de destruction de l’enseignement supérieur et du service public.

FO se félicite que les élus et représentants FSU, Sud, FERC Sup-CGT aient voté pour sa motion, permettant qu’elle soit adoptée malgré le vote contre de la CFDT, de l’UNEF et de la FAGE.

 

La motion FO adoptée au CNESER

Le CNESER demande une augmentation significative du budget de l’ESR, secteur crucial pour l’avenir du pays et celui de la jeunesse.

Les besoins sont substantiels :

  • Augmentation de 65000 étudiants inscrits lors de cette rentrée universitaire ;
  • Précarité massive dans les laboratoires et services (plus de 70 000 précaires) ;
  • Sous-financement des laboratoires publics ;
  • Baisse continue des recrutements et des postes de titulaires,

Il manque 30 000 enseignants chercheurs pour faire face au sous-encadrement. Le ministre lui-même évalue à plus de 10 milliards d’euros le coût de réhabilitation du patrimoine immobilier. Le rapport de la STRANES prévoit l’accueil de 500 000 étudiants supplémentaires dans les 10 ans à venir pour répondre à l'objectif affiché de 60% d’une classe d’âge titulaire d'un diplôme du supérieur.

Dans les organismes de recherche, il y a un écart de 5400 postes entre les plafonds d’emplois présentés dans le projet de loi de finances 2016 et la réalité constatée. Tous les ans, l’insuffisance de la dotation publique limite l’enveloppe consacrée à la masse salariale et ne permet pas donc pas de remplacer tous les départs. Les précaires représentent entre 40 et 60% des effectifs de la majorité des laboratoires. Les moyens de fonctionnement sont en baisse constante et ne permettent plus de payer les charges courantes. Les équipements scientifiques et informatiques deviennent progressivement obsolètes. Les conditions de travail se dégradent de plus en plus se conjuguant avec une érosion du pouvoir d’achat. De surcroît, les budgets des CPER (Contrat de Plan Etat Région) ont baissé de 48%. Le budget consacré à la vie étudiante n’est pas à hauteur des besoins.

La restructuration de l'ESR aggrave la pénurie et ses effets par de nouveaux prélèvements sur les établissements existants, par les fermetures de formations et les réductions d'équipes de recherche, et accroît encore les inégalités entre établissements.

C’est en milliards que se chiffrent les besoins nécessaires, tant pour atteindre les 3% du PIB consacrés à la recherche, dont 1% pour la recherche publique, que les 2% du PIB consacrés à l’enseignement supérieur. Le ministère doit cesser d'ignorer l'avis des personnels et des étudiants. Des mesures immédiates sont indispensables. Elles devront être inscrites au budget 2016.