CTMESR du 14 avril 2015
Déclaration liminaire de la FNEC-FP FO

Le 9 avril, les confédérations FO et CGT, avec Solidaires et la FSU ont appelé à la grève interprofessionnelle contre l'austérité et son pacte de responsabilité, la loi Macron et la réforme territoriale.

Après cette journée de grève avec des manifestations dans toute la France, dans quelle situation sommes nous ? Comme dans les autres services publics, dans l'enseignement supérieur et la recherche les collègues sont très inquiets. Ils sont inquiets et ils attendent qu'il soit répondu aux revendications qu'ils ont exprimés le 9 avril.

Le ministère promet de donner la répartition de la dotation aux établissements d'enseignement supérieur. Il ne devrait le faire que lors du Cneser du 27 avril, convoqué spécialement pour cela, 4 mois après la date légale. On n'a jamais vu ça, le résultat est que les établissements prennent d'eux même des mesures d'austérité préjudiciables aux personnels et aux étudiants, qui peuvent aller du non recrutement d'ATER, au gels de l'essentiel des postes vacants, à la baisse brutale des dotations aux composantes qui ne peuvent plus fonctionner. Quand le ministère donnera la répartition, une part non négligeable des mesures d'austérité seront prises et le ministère pourra dire, vous voyez, notre budget n'est pas si catastrophique, il suffit pour les mesures que vous avez prises.

Dans les CROUS, les menaces de fermetures de sites et de fusions de CROUS inquiètent les personnels dans un contexte où la rentabilité est déjà le leitmotiv principal.

Dans la recherche, les établissements diminuent également l'emploi de titulaires, les départs sont loin d'être tous remplacés, et la faiblesse du soutien de base des laboratoires obligent toujours plus à la chasse au financement sur projet, ce qui menace la liberté de recherche et précarise nombre de personnels.

Le cas de l'IRSTEA est particulièrement grave, avec une chute de 5 % de l'emploi titulaire depuis 2010 et un budget qui n'est bouclé qu'avec des rallonges exceptionnelles et donc non pérennes.

Avec nos collègues, Force Ouvrière attend du ministère qu'il réponde à toutes ces difficultés, nous attendons en particulier qu'il stoppe la mise en place des COMUE qui concrétisent la réforme territoriale et le désengagement de l’État.

Nous attendons également du ministère qu'il réponde aux revendications concernant les statuts des personnels : Pour les enseignants-chercheurs, nous sommes opposés à la mise en œuvre du décret sur le suivi de carrière, pour les chercheurs, nous demandons toujours la suppression de la PEDR et une vraie amélioration de la carrière, pour les Biatss et les ITA, nous sommes opposés à la mise en œuvre du nouveau régime indemnitaire appelé RIFSEEP qui va contre la carrière et oppose les personnels entre eux. Nous revendiquons de vraies améliorations de carrières, comme l'accès facilité au corps des ingénieurs d'étude pour les assistants ingénieurs.

Concernant le RIFSEEP, nous ne comprenons pas que de nombreux établissements d'enseignement supérieur discutent déjà de sa mise en œuvre. Nous ne voyons pas sur la base de quels arrêtés ils le font. Nous n'avons jamais été conviés à discuter d'arrêtés fixant le nombre de groupes de fonction et les montants minimaux et maximaux. Ces arrêtés sont pourtant obligatoires d'après le décret. Nous demandons à la DGRH d'éclaircir ce point.

Rappelons par ailleurs qu'avec la Fédération FO de fonctionnaires, la FGF-FO, nous revendiquons l'abrogation pure et simple du RIFSEEP.

L'austérité doit cesser, les postes de titulaires doivent être créés, les salaires augmentés, la territoralisation de l'enseignement supérieur et de la recherche, destructrice du statut de fonctionnaire d’État des personnels, destructrice du caractère national de l'enseignement supérieur et de la recherche publique, doit être stoppée.

Le gouvernement doit entendre les salariés, il doit répondre aux revendications. La ministre de l'Education Nationale, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche doit annoncer des mesures immédiates pour rassurer les personnels, toutes les catégorie de personnels.

Faute de réponse, la ministre prendrait la responsabilité de la multiplication des mobilisations.