Pour le maintien du CNRS comme organisme national de recherche,
FO demande le retrait du Contrat d'Objectifs État-CNRS 2014-2018

Le projet de contrat d'objectifs État-CNRS 2014-2018 doit être présenté pour consultation au Comité Technique du CNRS le 25 février pour être adopté lors du Conseil d'Administration le 26 mars.

Pour le financement de la recherche « le CNRS doit contribuer de manière dynamique au respect des équilibres budgétaires nationaux » et donc il doit « reconstituer des marges de manœuvre alternatives, par des financements nouveaux (notamment les appels à projet européens) et par des gains accrus de gestion ». Ce contrat acte également la baisse des effectifs de titulaires dans les années à venir.

Face à l'existence de milliers de non-titulaires et de chômeurs qualifiés, le nombre de recrutements au CNRS sera divisé par 2 en conséquence de l'augmentation de la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein, en application de contre-réformes combattues par FO. L'austérité est donc confirmée, avec des conséquences prévisibles sur l'emploi, les conditions de travail et la souffrance au travail.

Force Ouvrière constate que, lors du précédent Contrat avec l’État sur la période 2009-2013, la direction du CNRS a tenté d'appliquer les directives du gouvernement, sans parvenir à aller jusqu'au bout de la transformation du CNRS en Agence de moyens au service d'Universités autonomes, elles-mêmes au service de politique de sites et de priorités de recherche régionales centrées sur le transfert et l'innovation.

Il s'agit par ce nouveau contrat d'aller jusqu'au bout de cette transformation destructrice pour le CNRS. Dans le cadre des regroupements mis en place par la loi Fioraso, l'objectif 3 « FAVORISER LA CONSTITUTION DE SITES DE VISIBILITÉ ET DE RAYONNEMENT INTERNATIONAUX », est le coeur de ce contrat avec l’État. C'est la territorialisation, qui, au nom du soutien aux projets prioritaires, se traduit en « mutualisation et choix stratégiques qui, dans les conditions budgétaires actuelles, revêtent une acuité encore plus grande ».

La réorganisation des délégations régionales va se poursuivre pour que le CNRS soit «Fioraso-compatible », en clair le CNRS doit adopter son organisation aux IDEX et aux COMUE avec des réorganisations subies par les agents, tant IT que chercheurs. L'intervention du Président du CNRS à la journée d'accueil des nouveaux directeurs d'unités, en présence de la Conférence des Présidents d'Universités (CPU), sur une soi-disant séparation entre la formation et la recherche - qui méconnait la réalité - a un but précis : dans les conditions budgétaires d'austérité dont parle le contrat d'objectif, particulièrement pour les universités, il s'agit d'utiliser les chercheurs comme variable d'ajustement pour leur confier des enseignements, et si possible de l'enseignement non rémunéré, dans les disciplines où les postes d'enseignants-chercheurs seront gelés ou supprimés.

Les statuts de personnels de recherche aux missions spécifiques sont menacés par la territorialisation et le CNRS se voit ramené à une agence qui donne des moyens, financiers et en personnels, et ne garde spécifiquement que quelques grandes missions nationales mais n'a plus sa propre stratégie scientifique.

Le SNPREES-FO et SupAutonome-FO demandent le retrait du Contrat d'Objectifs Etat-CNRS et revendiquent de l’État les moyens nécessaires pour que le CNRS puisse remplir ses missions de développement des connaissances dans tous les domaines de recherche et pour que les revendications des personnels en termes d'emplois, de salaires et de carrières, soient satisfaites.

Le  SNPREES-FO et SupAutonome-FO sont disponibles pour l'action commune, pour prendre toute initiative pour combattre les orientations de ce contrat d'objectifs, et seront aux côtés des autres salariés pour bloquer l'austérité le 9 avril à l'appel des organisations syndicales FO, CGT et Solidaires.

Montreuil, le 23 février 2015